François : Bienvenu dans cette nouvelle émission et aujourd’hui nous allons parler d’un sujet que je ne voulais aborder seul. Avec Aurélien, qui est un expert de la reprise d’entreprise. On va parler notamment des risques et des avantages, des différentes opportunités, des types d’entreprises, du financement qui est aussi une question très demandée, ainsi que la croyance ou encore les techniques pour y arriver sans apport, ses réussites et ses difficultés. Je vais lui donner 30 secondes pour se présenter. Aurélien, déjà merci d’avoir accepté l’invitation. Est-ce que tu peux te présenter très rapidement ?

Aurélien : bonjour, merci pour cet accueil, ça me fait très plaisir. Je m’appelle Aurélien Schneider, j’ai 36 ans, je suis papa de 3 enfants et je fais de la reprise d’entreprise depuis 11 ans, maintenant. Puis, si tu as des questions à me poser par rapport à mon parcours, je serai ravi d’y répondre.

Cet article est une retranscription condensée d’une émission podcast  :

Les avantages et les risques de la reprise d’entreprise

François : quels sont les risques et les avantages de la reprise d’entreprise ?

Aurélien : c’est vrai que c’est un sujet qui redevient à la mode et qui est vieux comme le monde. La reprise d’entreprise c’est quelque chose qui existe depuis très très longtemps. Mais c’est un domaine qui revient à la mode puisqu’il y des modes un peu infopreunariat comme tu l’as présenté. On a eu le droshipping, mais aussi des modèles comme les agences digitales.

À l’heure actuelle, il faut savoir qu’en reprise d’entreprise, la moyenne d’âge est de 46 ans. Pourquoi 46 ans ? Parce que ce sont souvent des cadres qui arrivent un peu sur un plafond de verre dans leurs parcours professionnels et qui pour progresser et évoluer, voient la reprise d’entreprise comme la poursuite de leur évolution. Souvent, ces cadres-là vont sortir de grands groupes ou d’entreprises avec un billet. Mais il y a aussi de jeunes entrepreneurs qui vont de 18 ans à nos âges, qui trouvent une appétence pour l’entrepreneuriat et qui se dirigent aussi vers la reprise d’entreprise. Pourquoi ? Parce que c’est un modèle très rapide, dans lequel ils peuvent ne pas partir de zéro et ces entrepreneurs là, sont des gens qui vont aller assez vite et qui ne vont pas avoir des apports aussi importants que les gens de la génération d’avant. Et ils vont se demander comment faire pour faire de la reprise d’entreprise sans avoir 100 000€ sur le compte en banque.

François : j’imagine que c’est souvent ce que tu as comme interrogation : un business model qui paraît complexe et qui demande beaucoup d’argent, surtout comparé au business model que l’on vient de citer. Et il pourrait ajouter sur ce qu’on vient de dire, notamment pour les plus jeunes, qui connaissent globalement que internet ou même qui ont vécu que avec Internet. Aujourd’hui, il y a beaucoup de mode sur la digitalisation, dans le monde du business model comme ça, mais avant 2000 ça existait déjà le business. Et la reprise d’entreprise c’est quelque chose, pour certains ne jurent que par ça. Et même dernière tu as fait une vidéo sur ta chaîne où tu avais que les 42 plus grands milliardaires, il y en avait 32 sur 42 qui était devenu milliardaire par la reprise d’entreprise. C’est donc un business model, ça pérennise un patrimoine qui est énorme, mais c’est quelque qui est utilisé par les plus grandes richesses de la planète. Aujourd’hui, peut-être que ça revient à la mode parce qu’il y a un côté de digitalisation des entreprises qui sont reprises.

Aurélien : oui, c’est !a qui est intéressant et ce sur quoi je mets l’accent. Lorsque je reprends une entreprise, je reprends un potentiel surtout. Je ne reprends pas une entreprise juste pour la faire tourner. Je veux que de 1 de chiffres d’affaires, elle passe à 2, que de 1 de rentabilité, elle passe à 4. C’est aller chercher beaucoup de croissants dans les entreprises que je reprends et j’expliquerai tout à l’heure pourquoi parce que c’est très important dans le financement, mais aussi sur plusieurs aspects. Et c’est ça qui est intéressant : c’est de faire pivoter l’entreprise qui va tourner de façon un peu papy et mamies et de la rendre beaucoup plus dynamique avec les développements que l’on connaître. Et la digitalisation, évidemment, c’est l’un des leviers les plus intéressants que l’on peut avoir quand on reprend des entreprises qu’il y a malgré le fait que l’on nage tous les jours dans cet écosystème, il y a quand même beaucoup d’entreprises qui sont très en retard sur la digitalisation. Quand tu regardes les grands groupes, la page Facebook elle ne tourne pas, les groupes n’existent pas.

François : bien sûr et là j’ai un excellent exemple dans mon master Mike, j’ai l’un de mes élèves qui a fait une reprise d’entreprise et qui justement va digitaliser cette entreprise. Lorsqu’on rachète une entreprise, on achète certainement une machine à cash qui génère déjà quelque chose, qui a déjà des offres, mais on cherche aussi un potentiel. Avec mon élève Aurélien, on n’a vu qu’il y avait une certaine croissance dans les années à venir et il peut passer cette entreprise qui est déjà très bien établie, mais qui n’a quasiment rien de fait en ligne et il peut l’amener très rapidement à un million, alors que là elle est à 200 000 ou 300 000 euros si je ne me trompe pas. Et c’est quelque chose que tu peux faire de suite, ce n’est pas quelque chose qui demande énormément de compétences. Et si tu peux développer sur un sujet parce que j’ai vu aussi qu’il y a beaucoup de contenu sur le sujet, mais je vois qu’il y a deux modèles : un à l’anglo-saxonne et un à la française. Sachant qu’il y a quand même un peu de paperasse, il y a des démarches à faire et elles sont complètement différentes. Est-ce que tu pourrais dire quelque chose là-dessus ?

La reprise d’entreprise en comparaison avec l’immobilier

Aurélien : pour reprendre ce que tu disais juste avant, je compare la reprise d’entreprise à l’immobilier locatif et je sais qu’on a des investisseurs qui nous écoutent. Quand on fait de l’immobilier locatif et qu’on cherche de la rentabilité, on va par exemple prendre un appartement ou une maison que l’on va diviser dans lequel on va faire des travaux, des aménagements d’embellissement. Et la reprise d’entreprise on pourrait faire un peu la même comparaison, c’est-à-dire qu’on va prendre une entreprise et on va aussi faire des améliorations, on va créer beaucoup de valeurs dans l’entreprise qui va in fine créer de la richesse.  Dans tous les cas, c’est assez rare que quelqu’un qui fasse de l’immobilier locatif se dise « tiens je vais construire la maison ou je vais construire l’immeuble de A à Z et après je vais le louer ». En général, on reprend quelque chose qui existe déjà. Et dans l’entrepreneuriat, il n’y a pas cette culture-là. On préfère partir de zéro pour créer sa marque et son identité. Mais partir de zéro, c’est un peu comme construire un immeuble dans le domaine de l’immobilier.

François : c’est une bonne comparaison puisque dans les deux cas c’est ce qu’on vient de dire : tu achètes à la fois une machine à cash donc générer des revenus loyers et chiffres d’affaires et aussi potentiellement un potentiel de documentation du patrimoine. Dans l’immobilier tu vas prendre de la valeur par les travaux et là aussi par le fait qu’on va apporter plus de valeur, qu’on va optimiser les process, qu’on va digitaliser et même dans tous les cas, j’imagine qu’il y a une petite question de négociation au début également.

Le marché de la reprise d’entreprise

Aurélien : oui, il peut y avoir une question de négociation. Pour les gens qui sont déjà un peu intéressés à la reprise on se rend compte que toutes les entreprises sont surcotées. C’est vraiment un phénomène important quelque soit le contexte, les entreprises valent toujours trop chers par rapport à ce qu’elles valent réellement. Pourquoi ? La réponse est assez simple, c’est que l’enjeu émotionnel est très important. Mais il faut savoir qu’il y a peu de repreneurs dans le monde parce que c’est un modèle sur lequel il y a des préjugés très forts et puis on pense qu’il y a des barrières à l’entrée qui sont trop fortes pour y accéder, alors que ce n’est pas vrai.

François : autrement dit, tu nous donnes aussi cette information c’est que c’est une énorme opportunité. C’est qu’il y a plus d’opportunités que de repreneurs donc on a le choix, c’est aussi indirectement plus facile de faire son marché et de négocier donc c’est très intéressant ce ratio offre / demande.

Aurélien : c’est très intéressant et on a, malgré cette situation très favorable, on a un paradoxe d’avoir des entreprises qui sont trop chères. Et pourquoi elles sont trop chères ? Parce que les enjeux émotionnels sont trop importants pour les cédants. Il faut s’imaginer que les gens qui vendent leur entreprise, ce sont des personnes qui passent plus de temps dans leur entreprise qui chez eux.

On va donc parler avec lui et on va par un jeu de question lui faire prendre conscience que son entreprise  est surcotée, mais on pas égaler frontalement.

François : après j’imagine c’est comme l’immobilier, il y a quand même des gens qui vont donner une valorisation par eux-mêmes et d’autres qui vont faire un petit plus de faon professionnelle comme certains dans l’immobilier vont faire appel à des experts extérieurs et ils vont faire une valorisation de l’entreprise par un cabinet extérieur.

Aurélien : tu vas avoir deux types de profils : les profils émotionnels qui vont être assez majoritaire et tu vas avoir des profils cerveau gauche, plutôt business.

Détecter une opportunité

François : comment on repère une opportunité ? Comment on fait pour trouver une pépite ? Et à l’inverse vers quelles entreprises, il ne faut surtout pas aller ?

Aurélien : il faut distinguer deux choses : la question du sourcing, c’est à dire « ou est)ce qu’on trouve les entreprises ? » et la question des critères d’investissement. Il y a plus de critères d’investissement différents. Ils peuvent intrinsèques à la personnalité du repreneur. Mais pour moi, il n’y a pas de grande réussite sans un grand enthousiasme. Le premier critère pour moi, est de prendre une entreprise soit dans un secteur d’activité qui nous fait vraiment vibrer, soit de prendre une entreprise parce qu’on est très bon sur un process.

François : certaines personnes qui nous écoutent vont certainement dire « oui, mais moi j’ai 20 ans j’ai aucune expérience » ou à l’inverse », moi j’étais salarié toute ma vie, j’ai 45 ans, j’ai jamais fait de process ». Est-ce qu’à ce moment-là on prend quelqu’un dans notre board ?

Créer une équipe ?

Aurélien : c’est une croyance et c’est une croyance qui est fausse parce qu’on est toujours très répondants dans un certain nombre de domaines, mais puisqu’ils ne sont pas être valorisée par la société, par sa famille ou par ses amis, on va en avoir honte de son côté.

Et tu as posé la question du board, de savoir si oui ou non on devrait s’entourer. Oui, c’est intéressant, mais ça doit être fait simplement. Lorsqu’on a une approche anglophone le board va être essentiel dans la levée du financement qui font de ça depuis très longtemps. On va donc s’assurer d’une légitimité qu’on n’aurait pas personnellement, par une équipe qui va nous entourer.

En France, c’est beaucoup moins vrai. C’est pas parce que tu vas t’entourer de 5 ou 6 personnes qui ont beaucoup d’expérience que tu vas forcément lever le financement. Mais c’est très intéressant de s’entourer de gens qui vont avoir là où sont nos propres carences.

François : ça, c’est important que tu fasses de l’immobilier ou du business tu t’entoures toujours de personnes et n’ont pas la même expertise que toi. Mais c’est aussi intéressant puisqu’il faut que ce soit simple pour que ça fonctionne, il faut éviter de se mettre des contraintes. Surtout que j’imagine bien que si de suite tu as un board de 5 personnes, c’est des personnes qui ont des années d’expérience et ça coûte cher. De suite on prend plus de risques, plus de charges et de chances de pas y arriver au début.

Aurélien : ouais, c’est ça, il faut faire hyper simple. Il y a pléthore d’entreprises qui nécessitent juste d’être reprises et d’être gérées correctement.

Les risques de la reprise d’entreprise

Aurélien : alors, tu vois tout à l’heure tu me posais la question des risques. On dit que c’est risqué de reprendre par rapport à entreprendre, mais c’est parce qu’on a une perception du risque qui est un peu biaisé, parce que c’est quoi aussi le risque de perdre 5 ans ? Moi, je vais être tout à faire honnête, je suis tombé dans ce truc-là de créer une boîte à un moment et j’ai acheté les formations et je n’y suis pas arrivé.

L’accompagnement d’Aurélien

François : je vais le dire plus clairement, mais oui tu as un programme d’accompagnement pour les personnes qui veulent reprendre des entreprises. Si je ne me trompe pas, il y a une formation plus un accompagnement derrière et ce qu’on s’est dit avec Aurélien, c’est que les personnes qui voudraient prendre cet accompagnement, moi je leur offrais ma formation sur la digitalisation. Est-ce que tu peux nous en parler deux petites minutes ?

Aurélien : l’accompagnement, il est dédié à des personnes qui veulent se lancer dans la reprise d’entreprise et qui ont déjà mûri le projet. Moi j’ai envie d’aider des gens à le faire. Il y a donc un accompagnement avec moi en one-to-one en partie et une partie en groupe.

La crise et l’économie réelle

Aurélien : on va avoir une crise extraordinaire qui va arriver en face de nous et on peut être acteur du changement de ce qui va se passer dans le coin de notre rue. Il ya beaucoup, beaucoup, beaucoup de liquidité qui est présente aujourd’hui et qui ne demandent que ça à investir dans l’économie réelle. Mais les portes d’entrée ne sont pas forcément évidentes à trouver.

Le financement

François : le financement, on a parlé de mettre un apport au début, mais les techniques de sans apport, je les connais, est-ce que tu peux m’en dire un mot ?

Aurélien : la bonne pensée va être guidée par la bonne question. Et la bonne question, c’est comment je peux faire pour drainer de l’argent à moi, qui stagne un petit peu et ça, ça va se faire par un super projet. Il doit être sur ces deux pieds : le premier est la créativité et le deuxième qui est le pied économique, financier. Et quand tu as projet parfaitement équilibré, tu lèves du financement.

Il faut aussi prendre en compte l’apport. C’est par exemple de se mettre d’accord sur le prix puis de faire un crédit vendeur : c’est se mettre d’accord sur des échelonnements de paiement avec le cédant. Et il y a d’investisseurs qui va être intéressé par un projet et qui va te dire « je te prêt de l’argent pendant 5 ans à un taux X » et ça va être ton apport.

Sa plus grande difficulté

François : est-ce que tu peux nous faire part de ta plus grande difficulté à les retaper ? Et aussi ta plus belle réussite ? Ce sera une très belle façon de terminer cette émission.

Aurélien : ma plus grande difficulté, c’est quelque chose dont j’parle très peu. C’est une entreprise que je souhaitais reprendre ce que j’ai mis énormément énormément d’énergie dans lequel j’étais dirigeant salarié. C’était un super bon dossier, mais malheureusement on s’est fait damer le pion au dernier moment par un milliardaire qui nous a repris le dossier parce qu’il y avait une part immobilière très très forte.

Sa plus belle réussite !

Aurélien : et alors ma plus grande réussite, je suis très fier d’un dossier, financièrement c’est pas celui qui m’a rapporté le plus forcément, mais je suis propriétaire d’un site touristique en caves troglodytiques, on accueille 50 mille personnes par an, on fait la culture du champignon de paris et puis d’autres champignons.

La technique de la prise de participation

François : est-ce que tu veux rajouter un mot de la fin pour conclure cette très belle émission ?

Aurélien : oui il y a quelque chose dont on n’a pas parlé qui est la prise de participation. Sachez qu’aujourd’hui si vous êtes expert dans un domaine et que vous souhaitez faire profiter de cette expertise, vous pouvez faire de la prise de participation, c’est à dire que plutôt de vous faire payer en cash, on peut le faire sous forme de prise de participation : je vais t’aider à développer ta boîte et se met d’accord sur un pourcentage et on va la faire explosé parce que moi j’ai les connaissances pour t’aider à le faire. En plus de cela, on ne vient pas impacter la trésorerie.

François : on se dit à très bientôt. Encore merci Aurélien

📧 Reçois mes mails quotidiens
📚 Mon livre bestseller IMMOBITCOIN
🎥 Les coulisses, au quotidien (GRATUIT)
🏆 Toutes mes formations et programmes